Nous publions dans ce dossier plusieurs témoignages.
Le premier est celui de Louis Laisney, en deux textes. Louis Laisney fut pendant la guerre et sous l’occupation Président de l’AGE de Caen, puis secrétaire général de l’UNEF jusqu’en 1946 ; il a apporté son témoignagé à deux occasions au cours des dix dernières années. D’abord, le 14 mai 1997, au colloque “Passé-présent du mouvement étudiant” organisé à l’initiative de l’AAUNEF, avec l’association TRACES, et le concours du journal Le Monde, et la participation du GERME, à l’occasion des 90 ans de l’UNEF, dans une séance introductive présidée par Jean-Marie Dupont. Les Cahiers du GERME (N°11/12 – 4ème trimestre 1999) ont également publié le texte prononcé par Louis Laisney à l’occasion de la remise de la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur. Nous avons souvent rencontré Louis Laisney lors des réunions de l’AAUNEF, et la dernière fois en décembre 2000 pour une soirée passée avec Pierre Rostini, Paul Bouchet et Tom Madden à évoquer l’Union internationale des étudiants.
Le deuxième témoignage est celui de François de Lescure, que nous avions publié dans Les Cahiers du GERME spécial N°1. Il s’agit en fait d’une lettre en date du 25 février 1975 adressée à l’UNEF (branche dite “ renouveau ”) à l’occasion du 62° congrès de Lyon (27 février - 1er mars 1975), lue lors de la soirée commémorative.
Le troisième provient de Colette Bloch-Sellier. A l’occasion de notre séminaire du 27 novembre 2000 (“Résistances lycéennes”) à la BDIC, Colette Bloch-Sellier, n’ayant pu se déplacer, nous a envoyé un texte rédigé en 1985, une fois retraitée : Occupations... Souvenirs 1938-1945 de Colette Bloch-Sellier et quelques indications sur les années qui ont suivi... Nous en publions les extraits consacrés aux moments étudiants.
Née en 1920, elle adhère en 1938 à l’UJFF, préparant le concours d’entrée à l’ENS au lycée Fénelon. Arrêtée début 1941 à Clermont-Ferrand, jugée en juin et transférée ensuite à la Maison d’arrêt de Riom. Libérée en janvier 1943, elle rejoint la Résistance.
Enfin, Marcel Bleibtreu, dont les archives viennent d’être données par sa famille à la BDIC, dans lequelles se trouvent des notes qui devaient servir à une autobiographie qu’il n’a pu terminer. Nous en avons extrait quelques passages. Longtemps dirigeant trotskyste, il s’est de longue date investi avec autant d’énergie dans la médecine et la pédiatrie qu’en politique. Nos vifs remerciements à la famille, et notamment à son fils, Jacques Bleibtreu, qui a été membre de l’UNEF, du MAU avec Jean Louis Péninou, Brice Lalonde et bien d’autres en Sorbonne.
Marcel Bleibtreu était jeune étudiant en médecine, en fin de cursus au moment où la guerre se déclenche. Il est un des manifestants du 11 novembre 1940 à l’Etoile.
Les documents, dont les contributions éclairent le contexte, sont au nombre de trois.
Le premier est le rapport Gillot et le texte de la motion adoptée à Tain l’Ermitage par le congrès des AG de la zone non occupée en avril 1941. Le texte a été vérifié à partir des documents disponibles aux Archives nationales et au CDJC.
Le deuxième texte est le discours d’Abel Bonnard tenu à la délégation de l’UNEF issue du congrès de La Chapelle-en-Vercors en 1943 auquel Louis Laisney fait référence dans son témoignage, et auquel il est fait référence également dans les discussions du Congrès de Dax.
Le troisième document est extrait du procès-verbal du congrès de l’UNEF tenu à Dax en avril 1945. Lors de la séance consacrée à la « Commission n°1 » qui devait débattre des réformes de structures de l’UNEF, des rapports avec l’UPOE, la représentation étudiante et le projet de délégués et bureaux d’étudiants, la discussion rebondit sur le bilan de l’UNEF sous l’occupation, notamment par l’intervention des délégués lyonnais, dirigés par Miguet. Archives BU Poitiers, Fonds anciens.
Robi Morder