La revue du Groupe d'études et de recherche sur les mouvements etudiants

En feuilletant le feuilleton

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Alexandra Gottely

Il y a 60 ans…

Texte intégral

À travers des documents d'archives du monde étudiant et universitaire, nous vous proposons de saisir quelques bribes de l'histoire des mouvements étudiants. Nous vous offrons un premier feuilleton, où, dans plusieurs numéros des cahiers, nous retrouverons l'actualité d'il y a ... 60 ans.

Sélection et présentation d’Alexandra Gottely.

Au printemps 1945, l'UNEF cherche encore à s'affirmer. Son congrès, le XXXIVe, qu'elle organise à Dax du 3 au 10 avril, lui permet de montrer son importance. Pour la deuxième fois, après le congrès extraordinaire de novembre 1944 à Paris, le ministre de l'Éducation nationale, René Capitant, a accepté l'invitation.

Sa présence semble même venir blanchir l'association des reproches de collusion avec le régime de Vichy qui lui ont été et qui lui sont toujours alors parfois adressés. L'Union Patriotique des Organisations Étudiantes vient d'être créée et l'UNEF en fait partie. Quelques mois plus tard, cette dernière a réussi à s’imposer comme la seule organisation apte à représenter les étudiants sur le plan corporatif, ce qui constitue un retour à la situation d’avant-guerre. Plus que par des conflits, c’est par la diplomatie que l’organisation parvient à ce résultat, comme le montre les discussions autour du projet d’élections de représentants étudiants– ce qui est appelé aujourd’hui les « décrets Capitant ».

Mais à côté des luttes de pouvoir, se profilent d'autres luttes : la France n'est entièrement libérée qu'en avril et reste en guerre jusqu'au 8 mai. Ainsi, l’installation du Gouvernement provisoire de la République française s’est accompagnée d’une remobilisation des armées. Les étudiants prisonniers ou déportés qui rentrent au pays au fur et à mesure de l’avance des alliés sont parfois rappelés sous les drapeaux comme les autres étudiants.

Dans ces circonstances, le problème des conditions de vie, mais surtout des conditions de passage des différents examens et concours, est particulièrement présent, et répercuté par l'UNEF auprès des institutions en charge.

Mais sur quelque plan que ce soit, le mot d’ordre général est le même, résumé par une note manuscrite au bas d’une lettre du 6 avril 1945 : « défendre l’UN ».

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Novembre 1944. Défilé au Quartier Latin à la clôture du congrès extraordinaire de L’UNEF.
Collection Pierre Rostini.

Documents annexes

ISSN (imprimé) : 1277-247X
ISSN (électronique) : 1776-0909