La revue du Groupe d'études et de recherche sur les mouvements etudiants

2005, n°25

Signaler cette page   Version imprimable

Éditorial

Texte intégral

Lors de l’assemblée générale de juin 20001, clôturant ce que l’on peut considérer comme une première période quinquennale, nous constations que si le GERME avait acquis une reconnaissance comme centre de ressources et d’orientation auprès de jeunes chercheurs, d’acteurs et de certaines institutions, la légitimité scientifique de notre objet demeurait problématique. L’Observatoire de la vie étudiante se refusait alors à traiter des engagements étudiants, notre projet de recherche déposé à la suite d’un appel d’offres sur les jeunes en Europe était rejeté au motif qu’il ne concernait que les étudiants (comme si les étudiants n’étaient pas des jeunes)… Sans compter celles et ceux qui confondaient le GERME avec un centre d’archives ou réduisaient sa dimension disciplinaire aux seuls historiens…

Un « plan quinquennal » plus tard, et alors que nous venons de célébrer notre dixième anniversaire2, la situation a fort heureusement bien évolué. D’abord, nous avons systématisé le travail sur les sources avec les deux premières journées « Archives et mémoires étudiantes » dont les actes ont été publiés en 2004, avancé dans la numérisation de fonds d’archives et la collecte de témoignages. Nous avons notamment mené à bien le programme de valorisation avec la BDIC et le programme « Mémoires vives en Île-de-France » avec le soutien du ministère de la Culture et de la communication (DRAC Île-de-France), du Conseil régional d’Île-de-France et de la Ville de Paris. Dans cette dynamique, la création du Conservatoire des mémoires étudiantes et universitaires en commun avec l’AAUNEF formalise nos relations autour d’objectifs communs aux acteurs, chercheurs et professionnels de la conservation. Du côté des axes de recherche, plusieurs séminaires se sont tenus en 2001 et 2002 sur les lycéens permettant de traiter le champ plus large des jeunes avec des articles, l’aide à des travaux3 dont on peut espérer qu’ils sont appelés à se multiplier, les récents mouvements lycéens pouvant stimuler l’intérêt ; des séminaires « Mondes et mouvements étrangers » ont continué à explorer la dimension internationale de notre objet de recherche. Nous avons renforcé les collaborations scientifiques : au sein de l’association des amis et de l’IFR BDIC, avec le numéro de Matériaux pour l’histoire de notre temps consacré aux jeunes, par le colloque tenu en février 2004 clôturant (provisoirement) trois années de travaux du groupe de travail GERME/CHEVS « Institution universitaire et mouvements étudiants ». Un coup d’accélérateur est donné puisque les discussions entamées depuis deux ans entre le GERME, la Ville et l’Université de Reims ont permis le lancement officiel de la « Mission CAARME » le 14 décembre dernier. La constitution à Reims de la jeune équipe HEME, à laquelle certains d’entre nous participent activement, comme l’ouverture dans cette même Université d’unités d’enseignement « transversales » sur le sujet constituent un début de légitimation et de reconnaissance de l’objet scientifique « mouvements étudiants ». C’est dans ce contexte que l’OVE s’est ouverte à la problématique des engagements étudiants, ayant participé et soutenu le colloque à l’Université Paris VIII en décembre 2004, suivant la Conférence des présidents d’université qui y consacra une bonne partie de son colloque en mars 2002, initiatives auxquelles le GERME et ses chercheurs ont été invités.

Dans cette nouvelle configuration, la dernière assemblée générale du GERME tenue le 7 février 2005 à Sciences Po Paris, a souligné la place que nous devons occuper comme réseau de recherche et de chercheurs, national, pluridisciplinaire. Car si une bataille a été gagnée, il reste beaucoup à faire pour stimuler largement la recherche et pour obtenir les moyens nécessaires de la part des pouvoirs publics, qui ne sauraient se décharger sur une université ou une collectivité territoriale en la matière.

C’est la raison pour laquelle notre assemblée générale a décidé de promouvoir groupes de travail et collaborations scientifiques, d’enrichir Les cahiers du GERME en ne séparant plus le bulletin trimestriel, qui ne sortait d’ailleurs plus sous la forme matérielle, La lettre électronique remplissant le rôle d’information et d’animation du réseau, des numéros spéciaux. En revanche, nous nous donnons comme objectif de parvenir à publier et faire éditer, soit en livres, soit en collaboration avec des revues à l’occasion de numéros spéciaux, les actes des colloques que nous avons tenus4 ou des recueils de contributions sur un thème5. Ceci est envisageable avec l’appui de la mission CAARME, remplissant pleinement son rôle de « structure d’aide matérielle à la recherche sur le mouvement étudiant ».

Le nouveau Conseil d’administration élu6 est ainsi conçu comme une véritable équipe d’animation du réseau, ayant à traiter à chacune de ses séances, non seulement des activités en cours, mais plus profondément d’une question. Ainsi, le CA du 18 mars a traité des appels aux nouveaux groupes de travail, fixé le cadre de notre colloque « Recherches, mémoires, engagements », et le prochain CA début juillet fera le point sur la participation du GERME au colloque « internationales ». Aux membres du conseil se joignent, pour le comité de rédaction des Cahiers, pour les groupes et activités, d’autres membres du réseau.

Mais si une recherche sans chercheur est un leurre, des chercheurs sans moyens sont des handicapés. Ce que nous avons réussi à réaliser en inventant, en « bricolant » avec les moyens du bord et quelques soutiens ponctuels sur des projets7, montre ce qu’il est possible de produire et de valoriser avec des moyens normaux. Ce n’est pas, surtout après les mobilisations des chercheurs auquel le GERME s’est joint, ni après la proclamation officielle d’un investissement prioritaire de l’État, faire preuve d’un esprit outrancièrement revendicatif que de réclamer pour un objet légitime du point de vue scientifique des garanties pour le moins de fonctionnement et de pérennité. Pour un réseau national, il n’est guère raisonnable de faire peser le poids des responsabilités sur des collectivités territoriales, des universités, du mécénat… ou uniquement sur du bénévolat. Là est la nouvelle étape à franchir.

Le champ de recherches sur les mouvements étudiants et de jeunes est vaste, largement inexploré encore et offre sujets et perspectives de travail. En tout état de cause, le GERME, comme réseau national, sera et fera ce que ceux qui s’y associent ou y adhèrent en font.

Notes de bas de page numériques :

1 Les cahiers du GERME, n°15-16, 4e trimestre 2000.
2 Nous publierons dans notre prochain numéro le compte-rendu du dixième colloque du GERME, « recherches, mémoires, engagements »,  qui vient de se tenir à la  Sorbonne le 21 mai 2005.
3 Voir ci-après la note de lecture sur le mémoire de Flora Saladin sur le « bac 68 ».
4 « Nouveaux regards sur le mai étudiant et jeune » (1998), « générations étudiantes, générations militantes » (1999), « engagements étudiants » (2000), « des associations pas comme les autres, les mouvements étudiants et la loi de 1901 » (2001), « institution universitaire et mouvements étudiants » (2004).
5 En reprenant des travaux déjà entrepris et en les enrichissant, comme sur les lycéens en mouvements.
6 David Colon, Didier Fischer, Cécile Hochard, Jean Philippe Legois, Alain Monchablon, Robi Morder, Pierre Moulinier, Caroline Rolland-Diamond, Claudie Weill.
7 Au cours des dernières années, outre les subventions sur les projets archives (dont le ministère de la Recherche pour le programme avec la BDIC), nous avons obtenu trois fois des subventions du ministère de l’Éducation nationale.

Pour citer cet article :

« Éditorial », Les cahiers du GERME, n°25, juin 2005, [en ligne].
Disponible sur : http://www.cahiersdugerme.info/index.php?id=101, [consulté le 09-09-2010].

Haut de page Retour au sommaire Article suivant

ISSN (imprimé) : 1277-247X
ISSN (électronique) : 1776-0909